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FKIRETTES- AUTHENTIQUES TROUPES MUSICALES FEMININES DE ANNABA- PATRIMOINE CULTUREL TYPIQUE BÔNOIS

 


Parlons des fkirettes de la ville de Annaba ex Bône, ces orchestres féminins traditionnelles pour lever l'amalgame de ces dernières années où plusieurs troupes ont vu le jour en faussant quelque part les us, coutumes et traditions authentiques de Bône.
Dans la mémoire ancestrale bônoise, les fkirettes et non fkairettes, sont des troupes féminines qui animent les fêtes de mariages, de circoncisions, 3arboune qui est une cérémonie rituelle fastueuse, khalwa ou cérémonie du bain de la mariée bônoise.
Les fkirettes d'autrefois n'imposaient pas de tarif fixe, leur rémunération fut laissée à l'appréciation des organisatrices de la fête.

Les fkirettes lekdom, rendaient visite aux bônoises des familles anciennes lorsqu'elles savaient que ces dames étaient malades.
Elles faisaient sortir de la chambre parentale où était préparée la mariée pour tesdira et l'accompagnaient b te3lils jusqu'à son siège sur lequel sera posé un coussin en velours brodé fatla et un autre à ses pieds mais souvent brodé de Richelieu car les mères refusaient que ce coussin brodé au fil d'or véritable donc onéreux ne soit souillé même s'il est posé sur des tapis.
Nos ancêtres avaient le souci de conserver les objets faisant partie d'un patrimoine précieux qui sera transmis de génération en génération.
Puis la ramenaient à l'intérieur de la maison b te3lil une fois tesdira finie . A savoir que la mariée n'est visible (tetsader) qu'une fois b dlela, tebdila d'hab sous le caftan (caftane learoussa)de la mariée bônoise. Puis elle est invisible jusqu'au départ chez l'époux où elle est accueillie avec son cortège composé des membres de sa famille proche , parents par alliance et quelques amies proches. Pas de jeunes filles. Nous restions pour ranger nos maisons et nous occuper de nos pères, oncles et enfants de la famille.
Les jeunes filles ne se montraient pas non plus pendant la cérémonie. On restait à l'intérieur pour aider aux petites tâches.
Donc les fkirettes raccompagnaient la mariée à l'intérieur de la maison b te3lil une fois la cérémonie de tesdira finie.
Lorsque la raïssa arrivait à un certains âge, ce sont les membres de la troupe qui allaient chercher la mariée, la raïssa se tenait debout sur place jusqu'à l'arrivée de la mariée, elles continuaient à faire l'éloge de la mariée debout jusqu'à ce que celle ci soit installée. L'éloge (te3lil) et de la mariée continue sur son éducation, son appartenance, sa beauté, sa famille pendant que du henné soit posé sur le creux de la main et les louis d'or incrustés dedans lorsqu'il s'agit de fiançailles, car les fiançailles se faisaient en grandes pompes chez les bônois.
Pour un mariage aussi en granges pompes on ne met pas de henné, la mariée fut déjà préparée par la machta qui vient la veille et passe la nuit avec la mariée pour la préparer.
Les fêtes et les cérémonies en tout genre se déroulaient dans nos maisons.
La mariée une fois arrivée à la maison conjugale avec son cortège est accueillie par les fkirettes et la belle famille à l'entrée de la maison et se prête une nouvelle fois à la cérémonie de tesdira en signe d'accueil, puis elle conduite dans sa chambre qui aura été préparée et installée par les membres des deux familles le jour de l'arrivée du trousseau de la mariée où la maman de celle ci accompagnée de grands mères, 3amettes et khalettes accompagnent le cortège du trousseau pour faire le lit de la mariée en présence de la belle famille qui assiste pour admirer les trésors de leur bru (kanna).
Un petit garçon du côté de la belle famille est roulé sur le lit en signe de beau présage pour que le premier né issu de cette union soit un garçon. Les familles bônoises vouent un grand intérêt et une priorité pour les garçons, non qu'ils soient plus importants que les filles mais le garçon assure la continuité du nom de la famille.

Je me souviens, encore adolescente, lorsque grand-mère paternelle tomba malade, grande moussaba moulet le3rabenes, grande dame de bon conseil qui fut très respectée pour sa générosité et son savoir faire, ce fut un va et viens incessant à la maison de toutes les troupes qui venaient lui rendre visite, mémé Hnaïfa bent Khdija Bent El Okki et Ali Hmaïoud w madrak be Ali Hmaïoud, propriétaires des jnenettes Hmaïoud qui recouvraient toute la colline de Pont blanc vers l'Edough avant le commencement des attributions des terres pour les constructions des villas .
Les actes de propriétés sont toujours détenus par mon grand-frère.

Ces fkirettes tout comme les messednettes et les machtates, étaient des femmes que la vie a éprouvé par un veuvage, un besoin, issues des familles bônoises (beldias) à l'origine, ou pour certaines comme les messednettes issues de métissage entre noirs ou noirs et blancs, souvent adoptées par les riches familles bônoises dans leur jeunesse qui les marièrent, faisaient dans cette voie car la bônoise ne sortait pas pour travailler jadis. C'était donc des personnes très respectueuses, connaissant parfaitement les us et les coutumes de nos aïeules et s'en tenaient strictement là. Après leur départ, la relève était assurée par un membre de leur famille qui a choisi de suivre cette voie.
Les fkirettes sont des troupes composées de raïssa et de quelques membres allant jusqu'à quatre avec la chef.
Les fkirettes lekdom, bent el Abbeci, bnet rouabhia et Yamina puis sa fille Bentkia bnet Bouraffa, bent Ambra.
Dans les années 1950 début 1960, il y avait Saddek moutouna, un surnom que lui donnaient les hommes d'alors qui animait en cati mini, les hommes empêchaient leurs épouses et mères d'assister aux fêtes animées par cet homme qui s'habillait, se coiffait telle une femme, il avait de longs cheveux rouges flamboyants et portait des gandouras en hrir faddi lorsqu'il animait ces fêtes.

Puis sont apparus vers les 1980 - 1982, fkira Zhor et Nacer son frère qui ont gardé le protocole des anciens mais en apportant un changement quant à la façon de s'habiller qui est devenue plus riche.

Elles sont rémunérées suivant une somme établie et reçoivent de l'argent en supplément offert par les membres de la famille organisatrice de la fête sous forme de cadeau (rechka) remis d'abord aux femmes qui dansent pour les remettre par la suite à la troupe en remerciement pour l'animation de la fête.
Ces personnes qui entrent dans la scène pour danser, sont choisies soit par l'organisatrice de la cérémonie ou par leurs propres parents qui les accompagnent, les femmes n'entraînent jamais dans la scène à leur gré, elles sont priées pour danser.
Il est notoire par 3orf qu'il ne faut pas trop éprouver la maîtresse de la fête qui a déjà trop de dépenses et donc elle est épaulée pour la rechka par ses sœurs, ses belles sœurs, les grands mères, les tantes, les cousines, les proches de la famille.
Cette rechka est remise à la personne qui danse qui la remettra aux fkirettes ensuite.
Jamais de criée pour cela (tebreh) dans les fêtes féminines comme si c'étaient des enchères et à qui mettra le plus, c'est devenu un soug w dallel.

Ceci se fait pour les fêtes des hommes (kiaters), et dans ce cas, l'organisateur de la fête (moul el farh), loue les services d'un barreh.
Il y a deux sortes de rechka, celle qui représente des sommes d'argent offertes en cadeau pour la mariée sa mère pour aider aux dépenses du mariage ou autres cérémonies et de la mariée pour son trousseau et la rechka citée plus haut, cadeau en plus de la rémunération des fkirettes.
Cette rechka offerte à l'organisatrice de la fêtes est déposée dans un bendir recouvert d'une mharma hrir qui sera nouée au final et remise à la maîtresse des lieux après avoir ponctionné une somme convenue pour les fkirettes (haq el bendir).
Une proche de la famille ou la machta se chargera de faire savoir la somme offerte .
Pour les fêtes masculines, c'est un mahbess n'hass qui sera utilisé pour la rechka dédite au maître de la fête et c'est barreh qui se charge d'énoncer la somme donnée.
Jamais de micro ni pour rechka et ni pour les fkirettes , c'était mal vu et indécent de faire entendre ce qui se passait à l'intérieur des demeures. Les salles de fêtes n'existaient pas .
Et cette façon d'effeuillage de billets d'argent en chuchotant à l'oreille du chanteur ou chanteuse ce qu'il doit dire en nommant les personnes pour lesquelles est dédié ces billets est inconcevable et ne nous appartient pas. Une façon de faire qui n'est absolument pas dans la tradition et le patrimoine ancestraux bônois mais calquée sur les fêtes orientales et leurs danseuses
des lieux publics. Une sorte de surenchère indécente.

Thour- circoncision
Burnous blanc femmes bônoises

Gandouret sder w jnin

Fkirettes qdoms, jawq Bentkia bent Bouraffa

Laffa- mharem hrir hrir bel ftoul hrir barchem, chawchna w jbin- patrimoine authentique de Annaba


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