هر الزمباع ـ برتقال مر
Je vous relate un fait rare et méconnu du patrimoine bônois, c'est une publication inédite, sur une manifestation typique qui est relative au sirop que je vous présente!!
donc la Moussaba, est installée au milieu de la scène, la veille on lui aura mis du henné sur les mains et les pieds, parfois pour plus de must, c'est des "CHNADERS", ce qui s'apparente au tatouage actuellement, mais chnader sont naturels et disparaissent en quelques jours, richement vêtues et embijoutée, sur des coussins en soie ou en velour brodés or, couverte de grands foulards en soie véritable "khali wosto ou mharem chaalas"
puis l'ensemble de frirettes comment à psalmodier et à faire des incantations qui donnent la chair de poule , pour l'anecdote, on ne permet pas au enfants ni aux jeunes filles d'assister sauf si cela se déroule à la maison, et donc les adultes veillent au grain
la séance" MDIH", incantations et louanges à Dieu est assez longue, puis au son du tambour et tambourin, la moussaba se met à danser (tachtah dans notre langage) énergiquement, elle se défoule bien, la suivent d'autres femmes pour le plaisir, chtih, sont des mouvements rapides et qui mène la personne vers une transe,
contrairement au haz, danse lente et voluptueuse sur des musiques malouf andalous ou autres .
puis vient le moment des repas festifs, douceurs en tout genre, et chacun rentre chez lui sauf si on a organisé le aarboune à rass el hamra,des offrandes seront faites aux saints lieux, ce que l'on nomme:
une "TOUFEHA" faite se semoule et de miel qu'on offre aux jinns et on y passe la nuit!
le lendemain après un riche petit déjeuner, tout le monde rentre chez lui!
Ces séances sont menées par les anciennes fkirettes( Bnettes errebhia, Bent el Abbaci, et khalti Rmeki pour l'assistance à la moussaba
ce sont des fêtes grandioses des familles les plus aisées de la ville
je relate des faits authentiques et du vécu, car mes grands-mères faisaient parties des notables de la ville, et tout ce que je relate est authentique, j'ai vécu ces scènes du temps de mémé paternelle Hnaïfa fervente détentrice des us et coutumes
grand-mère maternelle était plutôt un peu "Européanisée"
Donc, le cherbet que je vous poste aujourd'hui sera diluée dans un peu d'eau fraîche pour en faire le café blanc ou cahwa bayda , sera sucré au choix et au goût de miel ou de sucre que l'on donne à boire à la moussaba et aux invitées qui entrent en transe.
Aussi, on verse quelques gouttes d'extrait de fleurs d'orangers sur un morceau de sucre pour le faire avaler à quelqu'un souffrant d'indigestion ou de lourdeurs d'estomac.
1 kg de fleurs de bigaradier fraîches
1 kg de sucre ou 300 g de miel pur d'abeilles
1, 500 l d'eau
alun gros comme un gros pois chiche, j'utilise toujours l'alun dans mes sirops et miel maison express à l'alun
Très tôt le matin avant que le soleil ne tape fort, asperger le bigaradier d'eau
laisser s'égoutter,
étaler une grande bâche ou autre sous les bigaradiers
puis cueillir les fleurs en secouant doucement les branches pour ne cueillir que les fleurs à point
les placer dans une grande cocotte inoxydable ,eau et alun, bien mélanger
laisser macérer une nuit à couvert
le lendemain,
faites bouillir le mélange pendant 2 mn
laisser tiédir et filtrer
filtrer le sirop à travers de la toile de gaze placée dans une grande passoire
puis remettre dans une cocotte en fonte de préférence
laisser cuire le sirop sans lui faire prendre de couleur
tester en prenant une cuillerée de sirop que vous placerez dans le frigo, s'il commence à s'épaissir, le sortir du feu et le transvaser dans un récipient en inox
couvrir et laisser refroidir avant de placer en bouteilles
se garde très longtemps grâce à l'alun qui l'empêchera de se cristalliser
au moment se servir, allonger la quantité désirée avec de l'eau fraîche !!!
En fait, je dois relater que l'eau de fleur d'oranger fut longtemps extraite par nos ancêtres grâce à des alambics que presque toutes les familles authentiques bônoises réalisaient à la floraison des fleurs de bigaradiers (z'har ezembe3) que nous avions et encore de nos jours dans nos jardins, ils arrivaient même qu'on offrait à des parents constantinois par alliance car tous ne possédaient pas d'orangers amers chez eux, ils utilisaient surtout les roses et l'extraction de l'eau de rose pour leur pâtisserie traditionnelles, les plats sucrés salés et mraks , l'utilisation de la fleur d'oranger reste une spécificité du terroir bônois que ce soit pour parfumer le café, les mraks sucrées salées (marka hlouwa aux fruits frais tel sfarjel, lanjass, teffef, qastel, ou ayn baqra et chbih essofra.
La fleur d'oranger parfumé notre pain, nos plats de viande, sfriria, mhawer, etc....
L'eau de rose chez nos ancêtres était utilisée pour halwet el halkoum, ballouza ou crème , des douceurs de ramadan disparue.
Par contre, dans la cuisine et pâtisserie traditionnels bônoise authentique, on ne parfumé pas le chrick ni la mélla (brajs) ni rfiss tounès ni zirewi, il y a des particularités méconnues bien à nous et propres au véritable terroir bônois que les nouvelles générations ignorent, à ce jour et ayant moins de 60 ans à moins d'être issu d'authentiques familles bônoises, nul ne peut connaître les affinités et ni les particularités et spécificités de la culture et du patrimoine culinaire et culturel de Annaba l'antique.
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un très joli récit chez moi ça chauffe encore bien fort
RépondreSupprimerexcellente journée bises