GANDOURET ESDER BÔNOISE OU KATIFA FATLA- قندورة الصدراوالقطيفة فتلة البلدية لمدينة عنابة

 

Gandoura bônoise. Cet habit prestigieux de la ville de Annaba en velours génois authentique et fil d'or véritable (fatla)

Savez vous que gandouret esder ancestrale bônoise ne se porte pas avec dléla initialement. Elle le fut plus tard ces dernières décennies où la nouvelle mariée ou les jeunes femmes mariées portaient et portent de nos jours pour aller aux grandes fêtes.
A l'origine, la gandoura en velours brodée de fatla n'était pas à la portée des petites bourses. Toutes les bônoises n'en possédaient pas. Elle fut cantonnée chez les familles aisées car trop onéreuses du fait du fil d'or qui s'achetaient au poids chez les bijoutiers (bel oukia) qui est une mesure de poids ainsi que le kontil ou kountil et aadass(minuscules paillettes plates rondes percées en leur centre).

Excepté les beldias, ces authentiques citadins bônois. Vous avez tous tout faux.
En fait la gandoura en velours génois au fil d'or véritable est portée en dernier avec laffa et non avec dléla.
Après les apparitions de la mariée le 3eme jours après le mariage (telet) portant ses tenues de fêtes en étoffe précieuses autres que le velours en premier , tbedels multiples richement brodés avec dléla.
Et savez vous que ce fut une tenue non obligatoire dans le trousseau et que seules les familles aisées pouvaient se la permettre du fait du prix de revient de cette gandoura qui en fait était brodée de fil d'or véritable.
Ce n' est pas un cache poussière que l'on porte à tout va.
Les bônoises authentiques prenaient dans leur trousseau, différentes tbedels ou gandouras faites de textiles nobles, de couleur variée ainsi que les broderies multiples.
Gandouret esder lekbira (très chargée) était rare,
c'est plutôt katifa rakba w dfer,
rakba w trig ch3ir f dfer,
rabka w ja3ba louchi f dfer,
Rakba b jrars (bandes) devant uniquement
Rakba et dfer w hssaqs
Rakba w ghissa (broderie de fil d'or fatla superposés et piqués dans le velours faisant une broderie en relief, oubliée de nos jours
rakba uniquement avec trig quitane or f dfer.

Zlebia des chweks peut être brodée à la verticale, horizontale ou en diagonale. C'est une broderie de remplissage de dessins ou rachma en pyramide toujours terminée à son sommet de haska en pointe qui peut arriver à la pointe de la haska de la broderie l'encolure sder et la toucher ou pas si la gandoura n'est pas chargée
Portée obligatoirement sur un jupon en satin broché ou hrir ellawha soie raide, généralement portée sous les étoffes légères et fines telles les dentelles,
spécial lingerie ces jupon et sous vêtements de luxe de la même couleur que la gandoura ou carrément blancs brodés de Richelieu ou de point de croix et même bordés de dentelles luxueuses telle la dentelle de Callais ou guipure ou broderie anglaise.
Ainsi que les kmems, de longues emmanchures en étoffe précieuse, délia ou maadnous montés sur une hassara, corsage en satin.

Cette gandoura est rangée avec entre les broderies du papier pelure ou des des draps réservés à cet effet de façon à ce que la fatla et paillettes en or ne frottent pas les unes contre les autres, puis placée dans une grande valise à part.

Autant pour gandouret esder bônoise, que pour le caftan bônois, la fatla est fait de fil d'or authentique.

Dans la tradition bônoise, les familles aisées offrent pour leur filles qui partent en juste noces, la gandoura lourde et une plus légère en broderie, parfois c'est une gandoura et un caftan ou gandouret esder et une faite de broderie 3ali plus légère à porter selon que la cérémonie soit plus ou moins importante.
La gandoura typique bônoise n'est pas courte ni trop longue tetkarker ( taa esslaf, empruntée) dit on, autrement dit n'appartient pas à la personne qui la porte.
Khlekhels ou anneaux en tête de serpent aux chevilles ne doivent pas être apparents, on vous dira (tmachtiq), toutes les bônoises d'antan en possédaient et n'avaient pas besoin d'en faire tout un étalage.

De plus, il est faux de croire que 7 habits pour la mariée sont nécessaire, que non, tout est laissé à l'appréciation des parents et de leur gabarit, il arrive qu'on ait pour la même couleur de gandoura plusieurs autres en étoffe et broderies différentes.
La mariée bônoise doit avoir dans son coffre ( sandouq ejlab) les habits des grandes cérémonies, ceux des après midi, d'autres pour tehnia ( réussite, accouchement, hammem, zrad etc... et ceux du quotidien ( taa koul youm)

De plus, pour couvrir le henné des mains de la mariée lors des fiançailles et la pose du henné, les us et traditions bônoises veulent que l'on utilise les foulards en soie faisant partie des offrandes de la 3tia, mharems hrir dhab et non des gants en velours ou en satin brodés qui sont exclusifs pour les garçons lors de la circoncision.

Le henné est posé uniquement à la cérémonie des fiançailles officielles ( 3tia) car dans nos coutumes bônoises, 3tia et 3erss sont deux cérémonies bien distinctes et ne sont pas fêtées un même jour.
On ne pose pas de henné à la mariée lors de la cérémonie du mariage.


Hommage à Mémé Hnaïfa , grand-mère paternelle portant la chéchia née 1884 à Annaba ainsi que tous mes aïeux inscrits sur la matrice de l'hôtel de ville de Annaba, porta jusqu'à sa mort chéchia bel 3lej soltani ensuite louis, makiess samm, makiess jamous véritable , khwetems yaméni WEL khlela d'hab , mneguechs mcharefs w rdif d'hab aux chevilles. Kénou khlekhels errejlaynes mayetnahhawech m rjel, ibetou w noudou bihom.
La bordure des encolures de ses gandouras toujours faite de kitane noir.
Femme qui suivait tarika el alaouia comme beaucoup de nos anciens, intègre , très généreuse, très conservatrice des us et coutumes sans faillir toute sa vie. Nous étions les enfants de son fils unique, elle n'avait d'yeux que pour nous et pour papa, son fils, elle a gâté maman jolie et douce femme très conciliante on a connu l3ez w dlel koulou. On allait à l'école primaire et collège, khlekhels fel yedaynes et des chevalières aux doigts, mkayess samm ou jamous , lawh ou lanjassa, des bijoux plus gros que nous ses petites filles. Il était inconcevable pour elle que l'on ne porte pas de bijoux. Saderna b dhbna, douzène errass koul patrimoine familial.
Ce fut une femme très ferme et intrangisante, à cheval sur les us et coutumes mais aussi très juste, de bon conseil, yoqssodouha w chawrouha li mabihomch wel qellil, très aisée avec le coeur sur la main qui apporta son aide à tous.
Je l'avais vue une fois ôter sa gandoura neuve qu'elle porta pour la première fois et la donna à une femme venue demander de l'aide. L'aumône (sadeqa) est une culture dans ma famille. Grand-père Tahar riffi, bel homme au grand charisme, très respecté aux grands yeux verts telles des feuilles de vigne fraîche, réservait dans toutes ses maisons des pièces ouvertes à l'extérieur (mkhazens) pour que les invités occasionnels n'aient pas accès à l'intérieur des maisons où les plus démunis et voyageurs de passage pouvaient se reposer, on leur offrait le gîte et le couvert pendant quelques jours.
Ce fut une autre époque.
والي ما يعرفك يجهلك.

Le petit circoncis lors de son baptême est âgé de 60 ans à présent.



De nos jours, tout le monde a tout faux excepté les authentiques beldias ou citadins bônois cet habit se voit clochardisé avec de la passementerie médiocre qui noircit rapidement et loin de posséder l'éclat étincelant et aveuglant de l'or.

Les familles anciennes d'Annaba communément appelées « Beldia » désignent les familles présentes dans la ville d'Annaba depuis sa fondation vers 1100 avant Jésus Christ par les puniques et les phéniciens et la numidie de l'Est algérien ( Hippo-Régius), royaume massyles de Massinissa qui sont en fait nos ancêtres.

 Ces autochtones, authentiques familles citadines bônoises se distinguent par leur culture particulière et leur histoire des autres villes d'Algérie et des nouvelles familles implantées récemment dans la ville suite à l'important mouvement rural précipité par la révolution algérienne après indépendance.

















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