L'oratoire mausolée ( qobba ) édifié à la gloire de Cheïkh Ibrahim Ben Toumi patron de la ville de Bouna. plus connu sous le nom de Sidi Brahim, un édifice datant de 1768, érigé à l'embranchement des routes de Constantine (Cirta) et de Guelma via el hadjar.
Descendant de Fadl Ibn Bouali, conquérant Hilalien, maître de la plaine, le cheikh Brahim ben Toumi est le fils de la tribu béni merdes ( Chefia ) né en 1585 enterré au niveau du pont romain qui traversait la bejima.
Une anecdote qui raconte qu'un dignitaire tunisien Ali Bey fils du gouverneur de Tunis destitué et exilé par son père car ne pouvant lui donner de petit fils, trouva refuge à Bône avait prié sur la tombe d'Ibrahim ben Toumi, implorant sa grâce pour retrouver son royaume et pouvoir donner naissance à un héritier.
Ses vœux ayant été exaucés, moins d'un an plus tard, un édifice ou mausolée ou qobba fut érigé par ledit tunisien en guise de reconnaissance au cheickh Ibrahim, le tombeau vide édifié à l'entrée de la ville de Bône fut dédié à sidi Brahim et fut plusieurs fois restauré depuis.
Cheikh Brahim ben Toumi adepte de la tariqa soufi, lutta contre l'occupant espagnol et s'attela à prodiguer l'apprentissage du coran aux habitants des lieux jusqu'à sa mort en 1676 à 91 ans ce qui parait improbable en ce temps avec la misère, les maladies et les luttes. Il fut enseveli sous le pont romain d'Hippone pas loin de Kobbet Lalla Khroufa et sidi Chaker el aaryène aïeul de maman.
La population autochtone de Bône d'alors ayant adopté et considérant Sidi Brahim comme le garant d'une paix chaque jour renouvelée qui règne sur Bouna, commença à faire des vœux, priait et faisait des dons pour l'entretien des lieux aux gardiens du mausolée et maître de l'école coranique où ils envoyaient leurs enfants apprendre le Coran et s'initier avec la langue arabe.
Malgré son amputation de dépendances dont une magnifique fontaine, la Kouba de Sidi Brahim semble défier le temps.
On raconte dans le milieu citadin bônois que nul décideur n'a pu mener à terme des velléités de détruire ce mausolée qui continue à veiller aux portes de la ville.
Ce mausolée ( qobba ) est devenu une mosquée traditionnelle ou zaouia dans les années 1980 et à été inaugurée par le Président de la république Abdelaziz Bouteflika.
Jadis, et aussi loin que je m'en souvienne, de fastueuses fêtes de fiançailles, mariages et circoncisions s'y déroulaient et auxquelles enfants ma sœur et moi nous assistions avec mes mémés, tantes et maman, grand mère nous tenait près d'elle pour laisser maman profiter tranquillement de la fête.
Cette zaouia est composée d’une salle de prière qui abrite le tombeau vide puisque le cheikh est enseveli sous le pont romain d'Hippone , d’une cour où trône une fontaine pour les ablutions ( woudou), un escalier qui mène vers une pièce réservée pour l'habillage des mariées ou de garçonnets qui seront circoncis, en bas et au fond se trouvent les cuisines .
Les salles de fêtes n’existaient pas alors et les familles autochtones bônoises ne possédant pas de demeures spacieuses organisaient leurs fêtes à Ben Taoumi, Qobet ben Karim, qobet Jaballah ou el Hattab, Sidi Khlayf. De grandes fêtes se déroulaient dans ces lieux saints, tout ceci cessa avec la transformation de sidi Brahim en mosquée et l'apparition de salles de fêtes.
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